JUSTICE - 24 janvier 2006
L'affaire du Juge Pierre ROCHE (suite)
(lire le deuxième
interview des enfants de Pierre Roche) |
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25 Janvier 2006
soutient aux
enfants du Juge Pierre Roche
Dans l'affaire du Juge Pierre Roche, nous vous proposons un
nouvel interview reçu par e-mail de
"crimes-justice Internet Libre" qui concerne un
appel à venir soutenir les enfants Roche à la cours d'appel
de Nîmes le 27 janvier 2006. |
Cet interview concerne également une discussion entre les
enfants du Juge Roche et de Patricia (la prostitué de l'affaire de
Toulouse) qui s'ils sont exact, nous en disent long sur la perversité
qui règne dans ces milieux.
Et comme nous le disions dans notre précédent préambule :
la vérité n'est plus ailleurs, mais bien au delà du réel !
24 janvier 2006
L'affaire du Juge Pierre ROCHE (suite 01)
"
Internet libre - Franc-maçonnerie Pour savoir la vérité sur
l'affaire ROCHE
mettant en cause :
KUBIEC, BOURRAGUE, BAUDIS, PERBEN, BARRAU ....
Venez soutenir les enfants ROCHE ce vendredi 27 janvier 2006 à 8
heures 30 à la Cour d'Appel de Nimes.
Venez nombreux, le scandale ne doit pas passer inaperçu
UN NOUVEAU PAVE DANS LA MARE :
Patricia la Courageuse corrobore, complète et accuse
Nouvelle entrevue avec les enfants de Pierre Roche (Président de
Chambre de Cour d’Appel assassiné en pleine affaire Alègre)
suite à leur récent entretien avec Patricia, la prostituée qui a
dénoncé les pratiques criminelles en vigueur dans certains milieux
de notables toulousains.
Q : Avant d’en venir au véritable sujet de cette
entrevue, qui porte sur les nouvelles informations, capitales, qui
sont apparues à l’occasion de votre récent contact avec
Patricia, vous serait-il possible, en guise d’introduction, de
nous faire connaître les échos qui ont pu vous parvenir des réactions
que n’ont pas manqué de susciter les trois précédents
entretiens que nous avons eu ensemble ?
Charles-Louis et Diane Roche :
"Il est vrai qu’à notre connaissance (et encore nous ne
savons probablement pas tout) les trois entretiens en question, non
content de se répandre comme une traînée de poudre et de ne
laisser personne indifférent parmi les principales factions en présence,
n’ont pas manqué de susciter d’ores et déjà un certain nombre
d’effets que nous pouvons classer en trois grandes catégories :
- tout d’abord un certain niveau d’effervescence dans les
milieux médiatiques (et cela tant parmi les médias régionaux
qu’à un niveau national) qui ont multiplié les contacts dans
notre direction, estimant qu’il y avait là plus qu’assez
d’éléments pour rouvrir pas mal de dossiers enterrés à la
hâte et au forceps, et que même si personne ne connaît ni le
jour, ni l’heure, le couvercle de cette cocotte-minute là
s’apprête à re-sauter, et cette fois pour de bon, dans un
futur proche. Tout le monde commence donc à être au courant et
attend, en position sur les blocs de départ, qu’un confrère
finisse par se décider à faire le premier pas, donnant par là
le signal du départ à toute la profession ;
- d’autre part, nous savons, de source sûre (car nous avons
nos antennes...), que la magistrature toulousaine, et plus
largement la magistrature régionale (suivez notre regard... qui
fixe Montauban), est pleinement au courant du contenu de ces
entrevues et totalement en émoi surtout depuis la parution du
troisième entretien, où nous dévoilons les révélations opérées
par un magistrat très haut gradé aux abois auprès de ses
enfants juste avant d’être assassiné – un « nettoyage »
qui ne pouvait qu’arranger au plus haut point les factions les
plus diverses.
C’est ainsi que nous nous sommes laissés dire par nos sources
(en l’occurrence un gendarme proche du dossier) que l’actuel
procureur adjoint de Toulouse a un beau jour littéralement «
giclé » hors de chez lui, ne parvenant pas à retrouver
l’entrevue sur Internet, pour se jeter au tribunal afin de
mettre la main, toutes affaires cessantes, sur l’une des
multiples copies papier circulant de mains en mains au palais de
justice. Alors bien sûr, ne pas trouver de l’eau à la mer,
c’est déjà un peu ridicule pour quelqu’un qui est rémunéré
par des fonds publics pour débusquer des criminels ; mais en
plus, cet homme là étant un membre du parquet clairement avisé
par ce que l’on nomme, en Droit, la « clameur publique » de
faits qui ne peuvent que l’intéresser au plus haut point, on
ne peut que s’étonner de son silence persistant dans ces
circonstances – critique qui est aussi valable pour un certain
nombre de ses collègues. Et vu comme cela bruisse de toutes
parts à Toulouse ces temps-ci, c’est là un silence plus
qu’éloquent, et que nous qualifierons d’assourdissant –
qui est peut-être bien en rapport avec la réputation de son
supérieur, le Procureur Général Michel Barrau, grand
torpilleur notoire des affaires du juge Halphen, en tant qu’
"effaceu" des dossiers qui gênent le pouvoir ;
- enfin, et sans rentrer plus avant dans le détail des réactions
d’une magistrature toulousaine en partie noyautée qui voit
arriver avec une certaine appréhension la réouverture définitive
de la boite de Pandore, et aperçoit, se profilant à
l’horizon, un grand retour de la Vérité par des voies
totalement inattendues et non anticipées, il nous faut tout de
même aborder brièvement le "cas" de Marc Bourragué,
vice-procureur à Montauban, qui, soudainement rendu nerveux par
la perspective des futurs possibles, vient de se sentir obligé
de sortir enfin de sa tanière.
Il est en effet plus que temps de se pencher plus sérieusement
sur le vice-procureur Bourragué, qui s’est déjà fait connaître
comme grand amateur d’apéritifs mêlant joyeusement tel ami «
bien connu dans les milieux de la cocaïne toulousaine » à tel
autre, tueur en série émérite échappant mystérieusement à
toutes les investigations policières malgré la traînée de
cadavres qu’il sème tout au long de son chemin ; ce même
Bourragué qui comptait notre père parmi les personnes les plus
haut placées que nous puissions trouver dans son cercle de fréquentations
peu recommandables et qui se trouve être, aujourd’hui encore, le
subalterne immédiat de Kubiec, le procureur de Montauban, ami
intime de toujours et compagnon de promotion de notre père, qui a
toujours fait partie de sa clique et qui est justement en relation
avec pas mal de protagonistes de l’affaire Alègre ; ce même
Bourragué enfin, surnommé paraît-il Marcus dans certains cercles
(assurément des cercles vicieux) qu’aurait fréquenté l’homme
en robe.
Eh bien ! figurez-vous qu’alors que Kubiec, pourtant nommément
cité dans notre précédente entrevue (à la différence de
Bourragué qui le rejoint dans la présente), a eu la prudence de se
tenir les pieds au chaud, de même que d’autres personnalités
dont l’importance est sans commune mesure avec celle du petit
monsieur Bourragué (il suffit de songer à Baudis et à Perben),
voilà que cette âme sensible s’est en effet « reconnue » dans
les propos tenus par notre père, et que cela lui a causé le plus
profond émoi. Et voilà notre Gribouille prêt à se jeter à
l’eau par peur de la pluie, et probablement envoyé en éclaireur
(peut-être même en fusible !) par les autres protagonistes pour
prendre la température, qui se garde bien (ce qui est d’ailleurs
pour le moins étonnant de la part d’un magistrat !) d’attaquer
devant sa justice pour qu’elle tranche nos divergences
d’opinions, préférant intriguer afin de tenter d’obtenir par
la bande la censure de l’article hors de toute procédure un tant
soit peu normale. Et cela pour des raisons bien compréhensibles :
entre autres la publicité qu’assurerait à nos déclarations un
quelconque procès – d’autant que nous nous chargerions
d’amener les spectateurs.
Sans compter que c’est là un procès qui ne serait pas sans poser
de nombreuses questions aussi douloureuses qu’épineuses que
Monsieur Bourragué, qui est dans l’ignorance totale quant à l’étendue
de nos biscuits de route, ne tient certainement pas à ce qu’elles
soient posées sur la place publique.
Ajoutons que, pour notre part, en tant que citoyens, il nous semble
absolument inconcevable – ne serait-ce d’ailleurs qu’au vu de
ce qui a déjà été sorti à son sujet – que Monsieur Bourragué,
qui n’a, à notre sens, de leçon de morale à donner à personne,
puisse continuer à jouer les magistrats et à juger les autres en
pontifiant au palais de justice.
Marcus s’est cru très malin de se livrer à quelques entrechats
en forme de pas de clerc alors qu’il n’a clairement pas à la
ramener.
Comme quoi papa avait bien raison : ces gens-là ne redoutent
qu’une seule chose : c’est la Vérité.
Et comme Charles-Louis le disait il y a quelques jours encore au téléphone
à Dominique Baudis qui l’appelait, juste avant que ce dernier ne
raccroche aussi soudainement que rageusement, il faudra bien que le
Peuple finisse par savoir ce qui se passe au juste dans ce pays.
Question : Merci pour ces quelques précisions qui éclairent ce
qui a suivi la précédente entrevue que vous avez donné, mais nous
devons maintenant passer au véritable coup de tonnerre que
constitue cette initiative qu’a pris Patricia de vous contacter.
Car c’est bien elle qui est venu vers vous, n’est-ce pas ?
Charles-Louis et Diane Roche :
En effet. Pour être tout à fait précis, nous avions, dans le passé,
été en contact avec son avocat toulousain, Raphaël Darribert.
Lequel, après avoir appelé Charles-Louis (un contact à
l’occasion duquel cet interlocuteur s’était déjà montré
relativement bizarre au téléphone), a par la suite souhaité nous
recevoir à son cabinet (à Toulouse du côté de la place du
Capitole, c’est-à-dire non loin de la mairie...) pour une
entrevue absolument à sens unique – qu’il a passé à nous
scruter d’un air de deux airs avec son assistante en nous faisant
paraphraser ce que nous avions déjà dit sans aucun retour de leur
part, avant de merdoyer sur le fait de savoir s’il était bien
encore l’avocat de Patricia. Autant dire que nous n’avons que très
moyennement apprécié la légèreté avec laquelle ce bonhomme nous
a fait faire l’aller-retour pour ça et que, cette entrevue ne débouchant,
même quelque temps après, sur strictement rien alors que nous
sommes en mesure de sauver sa cliente, qui est partie pour se faire
condamner à de la prison ferme sous prétexte d’affabulation lors
d’un appel qui doit se dérouler avant la fin de l’année, nous
a laissé un très fort goût d’inachevé.
C’est ce qui nous a donné l’idée de tenter de toucher
directement Patricia (en fait, Chrystèle de son vrai prénom, mais
c’est sous ce pseudonyme que tout le monde la connaît) en
contactant des gens partageant son nom de famille – ce qui n’a
pas mené à grand-chose, puisque notre meilleure « pêche » a été
constituée de membres effectifs de sa famille nous disant avoir
coupé les ponts avec elle mais auxquels nous avions laissé un numéro
où nous rappeler à tout hasard. Et voilà que le lundi 3 octobre
dernier, peu après 21 heures, le téléphoné sonne : c’est
Patricia, qui tient à ce que nous la rappelions, ce que nous
faisons aussitôt.
Question : Au moment où elle vous appelle, Patricia a-t-elle
pris connaissance de votre entrevue ?
Charles-Louis et Diane Roche :
Très clairement non. Et il semble qui plus est que tout a été
fait pour lui dissimuler jusqu’à notre existence même alors que
le témoignage de notre père, sans parler de sa mort, viennent très
fortement accréditer et même fonder les accusations qu’elle a
portées, que tout a été fait pour désamorcer et que tout est même
fait aujourd’hui d’utiliser contre elle pour suspendre une épée
de Damoclès au-dessus de sa tête – notre père a même complété
le tableau au passage, puisqu’il manquait jusqu’ici certaines pièces
du puzzle pour saisir la cohérence qu’il y avait derrière le peu
d’information qui avait jusqu’ici pu atteindre le Peuple. Ainsi
dit-elle textuellement à un moment à propos de notre entrevue,
dont nous lui parlons : « Ce serait bien que vous puissiez me la
faire parvenir parce que moi, je n’en ai jamais entendu parler. »
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est bien la seule
parmi les protagonistes de l’affaire. Mais il faut dire que
c’est tout un cordon sanitaire qui est tendu autour de Patricia,
visant à la maintenir dans la plus stricte ignorance – ce dont
elle est d’ailleurs pleinement consciente : « Il y a un tel
blocus qui est fait autour de moi que je ne sais rien, je ne vois
rien et je n’entends rien. »
Il nous semble d’ailleurs comprendre que son avocat, en qui elle
devrait pouvoir avoir confiance et qui ne pouvait pas ne pas lui
faire part de notre irruption sur la scène de « son » affaire, à
plus forte raison avec les persécutions judiciaires visant à la
maintenir dans le collimateur de la justice, à la discréditer, et
en définitive à la faire taire, participe en fait activement à ce
blocus – et le fait de vous balancer un collabo dans les pattes
pour vous servir de baby-sitter, prendre la température et essayer
de reprendre le contrôle d’un dossier et de l’orienter dans
telle ou telle direction, est l’une des méthodes favorites des
forces de contrôle.
C’est la raison pour laquelle après avoir découvert que son
avocat s’était bien gardé de lui dire quoi que ce soit à notre
sujet, Charles-Louis (puisque c’était lui qui conversait avec
elle, haut-parleur branché) lui signifie que cela fait pourtant
longtemps que ledit avocat est au courant des révélations que nous
avons opérées sur la place publique, et qu’il nous a même reçus
pour en parler – mais elle n’a pas vraiment l’air surprise du
comportement (pour le moins surprenant) de celui qui est pourtant
censé être chargé des intérêts de sa défense.
Question : Bien que Patricia ignore tout de l’entrevue et
qu’elle ait volontairement été maintenue dans une telle obscurité,
elle a cependant, semble-t-il, déjà entendu parler de vous. En
tout cas, votre nom lui dit au moins quelque chose, n’est-ce pas ?
Charles-Louis et Diane Roche :
Tout à fait. Et lorsque nous lui demandons justement, dès le début
de la conversation, ce que notre nom de famille lui évoque, c’est
plus précisément notre père qu’elle met aussitôt sur le tapis,
puisque à la question de savoir si elle a tout de même entendu
parler de nous d’une manière ou d’une autre, elle répond tout
net : « Oui ! votre père ! », et c’est manifestement de lui
qu’elle a entendu parler – et même beaucoup plus qu’entendu
parler, comme va le révéler la suite de la conversation. De notre
côté, la question suivante fuse aussitôt : connaissait-elle notre
père ? C’est oui – elle le connaissant même très bien, et même
beaucoup trop bien.
Charles-Louis s’apprêtait à se présenter, et à lui en dire un
peu plus mais elle ne le laisse pas poursuivre : « Je sais, je sais
; enfin, votre père a déjà une sacrée réputation. Moi, on m’a
demandé d’oublier une certaine personne que j’ai notée dans le
dossier ». Et d’ajouter : « On m’a demandé d’oublier
expressément un homme qui a disparu du dossier. » – de même que
Perben, d’ailleurs, dont le nom a été délibérément censuré
d’un procès-verbal de confrontation au cours de laquelle l’une
des prostituées évoquait à Alègre un souvenir commun le
concernant ; c’est-à-dire que Perben devrait lui-même être «
cité dans le dossier » au même titre que Baudis, et que s’il
n’est pas dans ce cas (perspective qui « a affolé » au plus
haut point toute la Chancellerie à l’époque comme décrit dans
un ouvrage de référence), c’est uniquement à cause d’un
trucage du dossier par lequel les propos le concernant y ont été délibérément
censurés, et dont on pourrait bien se demander s’il n’a pas été
opéré à la demande de cet homme, qui avait la haute main sur tout
l’appareil judiciaire.
Question : En parlant de cela, auriez-vous quelques lumières
permettant de préciser l’identité de ce fameux « on », qui a
obtenu sous la contrainte de Patricia qu’elle « oublie » le mystérieux
individu que l’« on » a fait disparaître du dossier – mystérieux
individu dont elle fait bien plus que suggérer qu’il s’agit de
votre père, que l’« on » aurait même carrément selon vous
fait disparaître de la Réalité ?
Charles-Louis et Diane Roche :
Pour avoir la réponse, il suffit d’écouter Patricia, qui s’est
avancée jusqu’à nous préciser plus avant sa pensée par ces
mots : « On m’a demandé, mes avocats m’ont demandé, les juges
m’ont demandé, le procureur m’a demandé, tout le monde m’a
demandé, y compris la Chancellerie m’a demandé d’oublier… »,
donc, jusqu’à l’existence de l’homme épineux qui posait
problème – ce qui correspond parfaitement à l’implication de
Perben, qui s’est mis à découvert sans raison apparente pour
voler au secours du moins défendable des magistrats dans
l’affaire Roche (www.affaireroche.com)
; ainsi qu’avec le fait que, suite à l’un des chantages exercés
par notre père, qui menaçait de commettre des extravagances qui
n’auraient pas été réparables par la suite, ce dernier a pu
obtenir, dans un premier temps et préalablement à son nettoyage
ultérieur après que les choses s’étaient un peu tassées, des
garanties écrites d’impunité et d’étouffement du scandale de
la part de Perben, Garde des Sceaux à l’époque.
Là-dessus, Patricia continue d’ailleurs à renchérir, précisant
les choses dans le temps en ajoutant que cela fait deux ans qu’on
lui a demandé d’oublier le personnage qui pose problème ;
sachant que ce sont probablement les extravagances commises de ci de
là par notre père qui ont par la suite, même post mortem, rebondi
de manière inattendue en occasionnant la première sortie, certes
limitée, qu’a connu de l’affaire Alègre – telle la pierre
qui, même jetée à l’eau, n’en répercute pas moins des ondes
circulaires tout autour de sa dernière position. Deux ans en arrière,
cela nous renvoie en 2003, année où il venait de mourir dès le
mois de février. Et il semble avoir été question de compléter
cette disparition, envisagée sur le mode de « plus de magistrat
scandaleux, pas de scandale » en s’assurant que tout le monde et
la réalité elle-même oublient qu’il avait seulement existé.
D’ailleurs, vous allez voir que plus personne ne voudra maintenant
l’avoir connu, alors que nous pouvons vous garantir que notre père,
lui, connaissait très bien tout le monde.
Et tant que nous en somme à parler des amis soudainement devenus
amnésiques de papa, nous ne pouvons pas ne pas mentionner la récente
prestation téléphonique de Dominique Baudis. Ce dernier, l’équivalent
moderne du Grand Inquisiteur, chargé de la censure et de la bonne
moralité de notre secteur audiovisuel bien-pensant, et aussi connu
sous le pseudonyme de « Nénette » dans certains cercles si nous
en croyons la presse de l’époque, a décroché son téléphone il
y a quelque temps pour appeler Charles-Louis un même jour à deux
reprises différentes, lui faisant une première fois laisser un
message par le biais de son assistante au CSA afin d’obtenir que
celui-ci le rappelle, puis, n’y tenant plus, le rappelant en
personne à la fin de la même journée. L’objet de l’appel ? Répéter
de manière cyclique, comme un leitmotiv, une rengaine qu’il
faudra probablement s’habituer à entendre sur tous les tons dans
les temps qui viennent (peut-être même en fera-t-il un bouquin après
s’être une nouvelle fois invité pour en jurer ses grands dieux
en direct aux infos de TF1 ?) : il prétend n’avoir pas davantage
connu notre père qu’il n’aurait connu de quelconques autres
magistrats toulousains.
Plutôt clair, d’ailleurs, comme aveu pour quiconque sait un tant
soit peu lire entre les lignes, puisque Baudis s’est même bêtement
taillé en formulant les choses de la sorte. En effet, maire de
Toulouse depuis tant et tant d’années et personnalité majeure de
la ville dont son père lui a remis les clefs quasiment dès le
berceau, bien sûr qu’il ne pouvait pas ne pas « connaître » de
nombreux magistrats, entre sorties toulousaines, dîner en ville,
repas entre notables et cocktails onéreux au Capitole. Quant à
notre père, c’était un ami proche qui lui tapait dans le dos,
que cela lui plaise ou non à l’heure actuelle.
Et peut-être faudra-t-il qu’on finisse par savoir ce qui, au
juste, a poussé Baudis à abandonner aussi soudainement la
franchise familiale sur laquelle une petite dynastie avait prospéré
pendant plusieurs décennies – abandon du navire qui s’est déroulé
relativement peu avant que n’éclate la fameuse affaire de
Toulouse ; et ce pour atteindre une position qui donne pouvoir et
contrôle sur les médias audiovisuels – sachant que dans une
affaire comme celle-là, seul l’œil des médias, véritable
instrument du contrôle populaire, peut aider une justice trop
souvent veule et partiellement noyautée à faire son travail et à
nettoyer les écuries d’Augias, en la poussant au besoin l’épée
dans les reins.
Mais pour en revenir à Patricia, ses propos coïncident
parfaitement avec notre propre chronologie. Et elle finit
d’ailleurs par être tout à fait formelle sur le fait que le
personnage à gommer du dossier n’était autre que notre père,
nous livrant au passage une description correspondant et concluant :
« Ben, il y a deux ans, à peu près au moment où je suis rentrée
en prison (un moment que l’on sait extrêmement propices à toutes
sortes de pressions d’autant qu’il est si simple de vous
suicider à peu près n’importe qui entre les barreaux d’une
cage – sans compter qu’un accident est si vite arrivé, surtout
quand on vous a sous la main) on m’a demandé d’oublier cette
personne là. »
Question : Tout semble en effet coïncider, et il semble certes
assez clair que c’est bien de votre père que parle la prostituée
qui est à l’origine de l’affaire Alègre. Mais quel était
donc, plus prosaïquement, la nature de leurs interactions ? En
d’autres termes, était-il seulement client ou l’a-t-il rencontrée
à ces fameuses séances spéciales nocturnes ?
Charles-Louis et Diane Roche :
C’est Patricia qui va vous répondre, puisque nous allons de
nouveau la citer : « Cette personne là, qu’on m’a demandé
d’oublier, c’est celle qui m’a torturée le plus. » Il va de
soi qu’en tant qu’enfants de l’intéressé, nous ne pouvons
qu’être affligés, et pour tout dire consternés au plus haut
point, de voir jusqu’où papa (puisque sa victime va d’ailleurs
confirmer plus bas que c’était bien de lui qu’il s’agissait)
s’est laissé glisser en enfer – lancé dans une fuite en avant
effrénée tout au long de la véritable chute qu’a été la
sienne. Mais comment un homme peut-il en arriver là et sombrer dans
de tels abîmes ? Patricia n’a pas d’explication. Par contre
elle apporte des précisions : laissons-lui encore la parole quand
elle ajoute, parlant de papa : « C’est avec celui-là que j’ai
eu droit aux brûlures de cigarettes, à tout ça, quoi. » Ce qui,
malheureusement, colle parfaitement au personnage, puisque notre père
était un grand fumeur – par ailleurs responsable des problèmes
d’asthme de Diane, dont il enfumait complètement la chambre alors
qu’elle n’était encore qu’un bébé, comme si la chambre du bébé
était une arrière-salle de bar servant à jouer au poker. Aussi,
il est plus que probable qu’il a fumé en « séance » lors de
ces fameuses soirées où magistrats et notables consommaient
d’ailleurs, de son propre aveu, des substances stupéfiantes
largement plus dangereuses que le tabac. Les déclarations de
Patricia nous remémorent aussi, parmi toutes les horreurs que notre
père a évoquées en notre présence, dont des images à vous
glacer le sang, la mention qu’il avait faite – détail troublant
et outre les brûlures de cigarettes – du choc sensoriel
qu’avait été pour lui la découverte de « l’odeur des chairs
calcinées » – qu’il aurait tout donné pour pouvoir oublier
lorsqu’il nous en parlait, mais dont le pauvre diable ne parvenait
pas à se défaire.
« Je ne suis ni une folle, ni une menteuse » insiste lourdement
Patricia – alors que nous n’avons (bien malheureusement) pas
l’ombre d’un doute sur la terrifiante véracité de ce qu’elle
affirme. Charles-Louis lui rapporte alors ces souvenirs olfactifs de
son bourreau, qui corroborent tout à fait son terrible récit. Et là,
Patricia, qui ne peut en supporter davantage, fond en larmes et
commence à sangloter toute sa souffrance au téléphone.
Tant et si bien que Charles-Louis, aussi interloqué que
terriblement gêné, s’excuse aussitôt de lui avoir rappelé ces
moments ô combien douloureux ! et pour tout dire insoutenables, et
lui assure que son intention n’était nullement de la faire
souffrir, de la mettre mal à l’aise ou de remuer le fer dans la
plaie.
« C’est une libération », confie Patricia, qui reprend sa
respiration et qui devient intarissable dans cette sorte
d’exorcisme personnel par la parole, commençant à nous parler
des sévices qu’elle a subis et dont elle porte aujourd’hui
encore les séquelles physiques (et pas seulement) sur son corps
meurtri – séquelles dont la justice n’a que faire, même quand
la victime porte jusque dans sa chair les accablantes preuves du véritable
martyre qui lui a été infligé, comme l’exprime maladroitement
Patricia avec ses propres mots : « Vous savez, moi, avec toutes les
cicatrices que j’ai sur le corps, ça m’a pas suffi. Les juges,
quand je suis passée au tribunal le 23 juin, le Président du
tribunal a dit que je me suis fait ces cicatrices moi-même pour
pouvoir, quatorze ans après, porter plainte. »
A un autre moment, voilà qu’elle nous déballe la nomenclature
des sévices subis, dont nous vous épargnerons le détail, mais qui
est constituée par une suite d’images plus révoltantes les unes
que les autres. Ce qui n’a pas manqué de gêner Charles-Louis au
plus haut point : il ne savait vraiment pas quoi lui dire, surtout
si nous songeons que certaines de ces choses lui ont été infligées
par notre père. Elle reprend, nous parlant entre autres de ses
blessures au niveau des articulations, mentionnant une rotule
endommagée, des brûlures sur la langue...
Charles-Louis lui fait d’ailleurs savoir que notre père nous
avait décrit certaines séances de torture comme des sortes de séances
d’acupuncture, en tout cas pour ce qui est des points névralgiques
à affecter, ce qu’elle confirme tout à fait, ajoutant dans un
souffle, complètement catégorique et n’y tenant plus : « Oui,
c’est ça, c’est lui. C’est lui qu’on m’a demandé
d’oublier. C’est lui. »
"
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